Une fois de plus le cinéma s’intéresse à l’Afrique et traite le cas de l’apartheid et de l’Afrique du Sud. James Gregory est un sud africain blanc dans les années 70, qui, comme beaucoup de ses compatriotes est persuadé de la sauvagerie et du terrorisme des sud africains noirs. Jusqu’au jour où il se retrouve geôlier de Nelson Mandela. Va alors s’établir une relation privilégiée entre le gardien et l’homme politique, pendant plus de 25 ans. Alors que James évolue dans sa carrière pour passer lieutenant en 1990, il va devoir, ainsi que sa famille subir les horreurs de l’apartheid, pendant que Mandela, en tout sagesse, continuera son combat du haut de sa cellule.
On peut reprocher à ce film sa lenteur, et ses plans portraits quelque peu figés, cependant c’est une très belle leçon d’Histoire que nous offre ici Bille August. Un film sobre où les regards et les expressions remplacent les longs dialogues. Les acteurs sont convaincants, Joseph Fiennes (James Gregory) et Dennis Haysbert (Nelson Mandela) parviennent à rendre visible le lien incompréhensible entre ces deux hommes, tandis que Diane Kruger campe à merveille le rôle de la femme au foyer blanche certaine de ses convictions.
L’aspect documentaire et pédagogique du film est accompagné d’une dimension mélo, au cours de laquelle on parvient à cerner l’évolution d’un homme ordinaire, avec peu d’éducation que va transcender ses préjugés au contact quotidien d’un homme charismatique. Le fil conducteur reste cependant l’Histoire d’une longue marche effectué par l’Afrique du Sud.
La mise en scène est classique, voire académique et sans surprise, mais le film est porté par sa thématique. L’histoire et la politique s’entremêlent au grès d’un film qui a le mérite de soulever ce sujet pour l’une des premières fois au cinéma. Il lui manque assurément un peu de passion, ainsi qu’un point de vue plus assuré sur cet épisode digne de débats et de tabous. Bille August a du mal à se détacher des clichés, mais c’est un film à voir.









