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L’âge des ténèbres, ou le monde vu par le québécois Denys Arcand

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mercredi 30 mai 2007, par Julie
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N’est-ce pas le comble du comble de vivre à 10 km de Cannes et de ne jamais aller au Festival ? Et bien j’y ai remédié grâce à un ami qui avait des invitations pour la séance de clôture et nous voici donc à 23h30, un dimanche soir, en train de monter les célébrissimes marches pour aller voir L’âge des ténèbres, du québécois Denys Arcand.

Sachez d’abord que la tenue de soirée est obligatoire. Soit le nœud papillon et la robe de soirée. Alors que la personne devant nous rentre en pantacourt et tongs, nous nous faisons arrêter car mes 2 accompagnateurs ont une cravate et non pas le nœud pap’, qu’il leur faut acheter pour pouvoir accéder à la salle. Je trouve cela scandaleux, mais passons, revenons au film !

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Après les invasions et le déclin, il semble logique que Denys Arcand s’attaque à L’âge des ténèbres, âge où les épidémies menacent, la famille est détruite, la morale inexistante, la démocratie en chute, âge où règnent les jeux vidéos, les dépressifs, les médias, ou encore les plats surgelés. Quel choix reste-t-il alors hormis celui de réinventer sa vie en la fantasmant : marié à Diane Kruger, lauréat du prix Goncourt, leader politique, … Jean-Marc Leblanc, fonctionnaire de province, est alors pris dans un engrenage terrible entre rêve et réalité … Mais très vite le décalage entre les 2 devient insoutenable et il va devoir bouleverser ses deux vies pour en sortir sain d’esprit. Parmi ces fantasmes la belle Diane Kruger, qui une fois de plus s’illustre dans un film différent, ou Emma De Caunes. On retrouve également Bernard Pivot ou Thierry Ardisson dans leurs propres rôles.

Une fois encore Arcand signe un film décalé, entre le loufoque et le tragique sur la condition humaine de notre société moderne. Cet homme, plus que banal, vit avec une femme carriériste indifférente et 2 jeunes adolescentes types ; transparent, il connait la galère des transports en commun et écoute toute la journée le malheur des autres. Un regard cinglant et lucide, des passages loufoques où l’humour noir et la dérision trônent, pour une satyre sociale plus effrayante que comique.

Ce film, très attendu au Québec, a reçu un accueil plutôt froid à Cannes, ou devrais je dire silencieux. Différents univers s’entrechoquent, ce qu’il est, ce qu’il rêve, ce qu’il devient. On passe du comique au dramatique, de l’introspection a tournoi médiéval. Certains parleront de dispersion, d’enchainement de scènes qui n’ont aucun lien entre elles, et pourtant je ne suis pas d’accord. Les ruptures de tons sont propres à Arcand, les dialogues sont mordants et au final le questionnement a bien lieu ! Je pense que c’est un film à voir et à accueillir comme il se doit dès le 27 septembre dans les salles françaises.

mercredi 30 mai 2007, par Julie
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