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L’ennemi intime

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mercredi 10 octobre 2007, par C.C.
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Si la guerre d’Algérie a fait l’objet de quelques gros films, celui-ci ne s’inscrit pas tout à fait dans cette lignée. Ecrit par le grand documentariste Patrick Rotman et réalisé par Florent Emilio Siri, L’ennemi intime se refuse au piège du manichéisme.

Nous sommes en 1959, le peuple est divisé et l’Algérie se déchire dans une guerre sanglante. Autour des montagnes kabyles, nous suivons un lieutenant de l’armée française envoyé au front. Benoît Magimel campe ce personnage avec beaucoup de talent et de nuances. Albert Dupontel tient le rôle d’un sergent que l’expérience a fini par éloigner des illusions d’idéal. Pas de faux sentiments versant dans un lyrisme pathétique, mais une vraie épaisseur du scénario et de ses personnages, servis par des acteurs de talent qui s’effacent au profit du récit et de ses exigences. Leur excellente interprétation est d’ailleurs servie autant par une photographie majestueuse et impressionnante que par une mise en scène efficace. La remarquable esthétique et le sens de la mise en scène dont fait preuve Siri (habitué aux scènes d’action) nous laisse vivre des scènes de combat à couper le souffle, parfois difficilement supportables. Cet effort est sans conteste l’un des points forts de ce film, ce qui en fait autre chose qu’un film de guerre, autre chose qu’un regard sur la guerre d’Algérie.

Période mal connue et mal enseignée de notre Histoire, l’acquisition de son indépendance par l’Algérie a laissé des traces dans tous les camps et a fait des victimes de tous les côtés. Sans se poser en donneur de leçons, L’ennemi intime dépeint une période de schizophrénie collective où l’on se combattait soi-même à travers un autre autant connu qu’incompris, où certains ont commis des actes irréparables pour défendre une idéologie qui était déjà dépassée.

Un film dur et poignant -à l’image de cette guerre restée longtemps taboue et aux douleurs toujours présentes- dont la forme sert magnifiquement le fond, et qui finalement revêt peut-être un caractère universel et intemporel.

mercredi 10 octobre 2007, par C.C.
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