Ce film, réalisé par Erwin WAGENHOFER, est un documentaire coup de poing dont l’objet tient dans cette déclaration de Jean Ziegler, rapporteur auprès de l’O.N.U sur le droit à l’alimentation : « Etant donné l’état actuel de l’agriculture dans le monde, on sait qu’elle pourrait nourrir 12 milliards d’individus sans difficultés. Pour le dire autrement : tout enfant qui meurt actuellement de faim est actuellement assassiné. »
Pour donner sans délai un souffle de légèreté à cette critique, disons que voir « We feed the World » c’est l’occasion de voyager à peu de frais…Ici dans un bateau de pêche artisanale au large des côtes bretonnes pour entendre le capitaine évoquer ce besoin de s’adapter à la nature pour qu’elle s’offre et remplisse ses filets, là de fouler de bucoliques exploitations agricoles roumaines qui s’éveillent au commerce des semences hybrides, ou encore se perdre au Brésil, en hélicoptère pour mieux apprécier l’étendue des champs de soja, sur une zone grande comme la France et le Portugal réunis et dont l’histoire nous rappellera que la forêt amazonienne se situait à cet endroit.
C’est mesurer l’application concrète des brevets sur le vivant, les plantes et les animaux génétiquement modifiés. Un simple exemple de cette stratégie de la rareté organisée autour des ressources par les multinationales : une semence hybride ne germe qu’une seule fois.
La multiplicité des points de vue contradictoires enrichit la démonstration, riche de témoignages d’acteurs de cette dynamique de captation des ressources. Une mention spéciale pour Peter BRABECK, le P.D.G de Nestlé, 27e entreprise mondiale, 275.000 salariés, qui stigmatise la position « extrême » des O.N.G sur la privation des sources d’eau et estime que toute denrée sur cette planète doit avoir son prix. Plus troublant encore, parce qu’en résonance avec notre actualité démocratique, quand ce capitaine d’industrie juge le partage du travail comme une impasse et qu’il s’agit de travailler plus pour gagner plus…
Un film authentique, d’intérêt public, pour tout citoyen d’un des seuls pays au monde qui jouit encore d’une autonomie alimentaire mais s’ouvre progressivement à la culture des Organismes Génétiquement Modifiés.
Encore indécis ? Offrez-vous une bande-annonce sur la Toile : www.le-marche-de-la-faim.fr/






We feed the world

