Le genre du thriller/polar a pour caractéristique principale de chercher à provoquer chez le spectateur une tension palpable. Séquence au ralentie, action soutenue, héros plein de ressources, tout est les moyens sont bon.
Le cinéma français a toujours été très inspiré sur ce créneau. L’on met d’ailleurs ce genre à l’honneur chaque année au Festival de cognac(du 20 au 24 juin 2007). Gros plan sur le nouveau thriller français.
L’année 2007 semble être un bon millésime avec 4 nouveautés qui amorcent le renouveau d’un genre. Le spectateur est de plus en plus plongé dans un univers noir.
Le serpent met la barre assez haut avec un scénario plein d’ambitions. Clovis Cornillac est parfait dans le rôle de l’ancien camarade de classe qui met en place une machination implacable pour se venger d’une querelle d’enfants. Son ennemi, joué par Yvan Attal, va rapidement être pris au piège. Une mise en scène venimeuse, nocturne et machiavélique, un acharnement totale pour la vengeance. Ce polar se rapproche du polar américain, tout en conservant sa touche frenchie et son casting royal. Clovis en psycho killer est impressionnant, il parvient à hanter le spectateur et à faire ressentir la tension. Yvan Attal représente le héros hitchcockien dans toute sa splendeur. Ce thriller a du style !
Il est suivi de Pars vite et reviens tard, adaptation du polar de Fred Vargas. Quelle lourde tâche que de mettre des mots en images. Le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg se trouve face à des crimes en série mis en scène autour du retour de la peste. Comment éviter que la terreur envahissent Paris tout en menant à bien une enquête délicate et une vie personnelle qui part en déliquescence ? José Garcia, aidé de Michel Serrault mène une enquête des plus réalistes. Il est parfait dans son personnage noire, ténébreux, mais sa performance renvoie implacablement à celle de Daniel Auteuil dans 36 Quai des Orfèvres. Une atmosphère trouble et mélancolique, des rebondissements inattendus pour qui n’a pas lu le livre, cette adaptation est plus ou moins réussie. On reste cependant sur notre faim tant la mise en scène a du mal à transmettre la tension oppressante qui règne. Tout est donné au spectateur qui n’a plus d’efforts intellectuels à faire. Le polar noir se transforme en polar sans fougue, sans tension, morne et sans grandes révélations. Bien dommage !
Le thriller de gangster est remis au goût du jour par Frédéric Schoendoerffer dans Truands. Claude Corti, la cinquantaine, proxènéte, trafiquant de drogue, de voitures, ou encore de faux billets a un contrôle total sur ce qui se passe dans sa zone, et touche une commission sur tout. Son secret ? La violence. Son allié ? Franck, qu’il considère comme un fils, intelligent et efficace mais qui tient à son indépendance. Mais quand Corti se retrouve en prison, tout son monde s’écroule. C’est avec réalisme et énergie que le spectateur est plongé dans l’univers du banditisme dans toute sa splendeur. Un polar âpre, qui laisse un goût amer tant la violence parait gratuite. Car au final difficile de trouver un fil conducteur autre que celui-ci au film. Ils sont « bêtes et méchants ». Un Paris sombre aux mains de la mafia française, un jeu de scène réussi avec notamment Benoît Magimel et Philippe Caubère, il lui manque peut être le culot d’un Scorcèse, mais ce film change de ce que l’on a l’habitude de voir.
Ce trio rebondissant va dès le 7 mars être complété par Contre enquête en présence de Jean Dujardin. Ce dernier abandonne son rôle de comique ou d’espion raté, pour rentrer dans la peau d’un père meurtri par l’assassinat de sa fille et le doute que l’assassin coure encore. Flic de métier, il va donc se lancer dans une contre enquête. Angoisse et tension psychologique semble être au rendez-vous d’après la bande annonce.
Le thriller français est donc en forme. Il oscille entre le traditionnel un peu mou et la nouveauté pleine de rebondissements.