Séraphine, une femme de menage et une artiste du temps de Zola
Orpheline à 7 ans, Séraphine Louis est placée comme femme de menage à Paris puis dans l’Oise. Elle entre ensuite dans un couvent non pas comme sœur mais comme domestique. Les vingt ans qu’elle y passera font naître un mysticisme qui se reflète dans ses œuvres. Sans culture artistique, elle peint des tableaux sans aucune contrainte académique. Femme de menage le jour, peintre la nuit, elle mène une vie bien réglée. Le jour où un marchand d’art, chez qui elle fait le menage, remarque ses œuvres, sa misérable vie de femme de menage bascule. Séraphine connaît alors son heure de gloire avant de perdre la raison. Elle meurt internée dans un hôpital psychiatrique.
Femme de menage : une réalité qui a bien changé
Séraphine est un film qui pose de nombreuses questions sur la misérable vie d’une femme de menage à la fin du 19e siècle. Le don de cette jeune femme a été découvert très tard. Sans Wilhelm Uhde, le marchand d’art qui l’a découverte, ses talents seraient restés cachés du fait de son statut social. A l’époque, il est inconcevable qu’une femme de menage soit instruite ou ait un don artistique. Cet imaginaire misérabiliste autour du métier de femme de menage n’est plus d’actualité. Aujourd’hui, il s’agit d’un emploi qui se professionnalise. Les personnes qui l’exercent ne le font pas nécessairement par dépit. Dans les sociétés prestataires de femme de menage , elles sont hautement formées et ont des savoir-faire appréciés et valorisés : ménage écologique, techniques efficaces de repassage, connaissance des produits et des risques infectieux… Le métier a bien évolué.








