Rechercher
Add to Netvibes Subscribe in NewsGator Online      
logo rss
logo youvox
devenez rédacteurs
A la une
A la une

"Slumdog millionaire" de Dany Boyle

Partagez cet article  ›› 
mercredi 21 janvier 2009, par Inthemoodforcinema
imprimer article  1 Message
Slumdog Millionaire Photos par mirchiaish

Jamal Malik (Dev Patel), 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai (Bombay), est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission Qui veut gagner des millions ?

Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête, celui-ci étant soupçonné de tricherie, dénoncé par le présentateur du jeu qui le méprise parce que son ascension et ses origines le renvoient aux siennes et surtout parce qu’il lui vole peu à peu la vedette.

Devant alors justifier chacune de ses bonnes réponses, Jamal raconte son histoire, chacune des bonnes réponses étant liée à un souvenir, le plus souvent à un drame de son existence : de son enfance errante avec son frère en passant par sa rencontre avec cette petite fille dont il tombera amoureux et qu’il a perdue de vue… Les images de son interrogatoire alternent alors avec celles des flash-backs sur le jeu et sur son enfance…

« Slumdog millionaire » est l’adaptation britannique du roman indien de Vikas Swarup intitulé « Les Fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devient milliardaire. »

Ce 20 janvier historique et porteur de tant d’espoirs est le jour idéal pour évoquer ce film qui en déborde et nous le transmet avec talent. C’est probablement ce qui explique le succès actuel de ce film (public et critique sans compter les nombreux prix qu’il a reçus comme les prix du meilleurs film, meilleur réalisateur et meilleur second rôle au British Film Award sans compter les Golden Globes dont il est ressorti grand vainqueur en remportant 4 prix : meilleur réalisateur, meilleur film, meilleur scénario, meilleur musique ) : son optimisme forcené et sa morale selon laquelle « tout est écrit » et selon laquelle les évènements les plus désespérés et désespérants de l’existence peuvent trouver une explication, une issue, et même contribuer à la chance et à l’espoir. Dans « Slumdog millionaire » rien n’est inexorable même d’accoler ces deux mots antinomiques (slumdog signifie littéralement chien des taudis).

Slumdog Millionaire (2008) - won 4 Golden Globe

Ce film est en effet à l’image de l’oxymore qui lui sert de titre, plein de contrastes et de contradictions, qui, au lieu de nous agacer, nous charment et nous embarquent dans ce conte de fée hommage au cinéma de Bollywood.

Dany Boyle, qui démontre une nouvelle fois son éclectisme, par une mise en scène, une musique, un montage nerveux, rythmés et même frénétiques transforme ce qui aurait pu être une guimauve bollywoodienne (et cela, il faut l’avouer, malgré la psychologie parfois simpliste des personnages, les ellipses et les revirements de situation abracadabrantesques) en une fable moderne et universelle, énergique et poignante, parfois drôle, qui ne nous laisse pas une seconde de répit et fait passer ces deux heures beaucoup trop vite.

C’est parfois excessivement mélodramatique comme un film bollywoodien (surtout restez pour le générique de fin dans lequel il y est ouvertement rendu hommage) mais cela fonctionne parfaitement grâce au talent de Dany Boyle et à la force d’interprétation de ses jeunes comédiens, et grâce au cadre bouillonnant et coloré de Bombay mais aussi grâce à un scénario trépidant que certains ont trouvé répétitif mais dont la répétition constitue finalement l’originalité initiale qui fait que nous ne relâchons pas notre attention une seule seconde.

Et puis en toile de fond, véritable personnage du récit, il y a l’Inde, l’Inde inique et sublime, l’Inde aux couleurs si chatoyantes et photogéniques et l’Inde parfois si morose, l’Inde si colorée et parfois si sombre, l’Inde de tous les désespoirs et de tous les espoirs, l’Inde intemporelle et l’Inde s’industrialisant à une vitesse phénoménale, les quartiers d’affaires remplaçant les bidonvilles, l’Inde majestueuse et l’Inde où les enfants sont livrés à eux-mêmes et odieusement exploités : l’Inde, terre de contrastes et de contradictions elle aussi. L’Inde dont Dany Boyle met en lumière la magnificence mais aussi les failles et les injustices révoltantes.

Slumdog Millionaire (2008) won Golden Globe for Best Motion Picture Drama

Dany Boyle exploite de nouveau les thèmes qui lui sont chers : l’argent et l’amour, le parcours de Jamal étant avant tout guidé par son histoire d’amour avec Latika (Freida Pinto) qui le conduit à vivre toutes ces aventures rocambolesques, à surmonter les obstacles, à croire en la chance et à nous convaincre que rien n’est impossible, que « Yes we can ».

Tant pis pour les aigris que son rythme et son optimisme effrénés, peut-être même sa revigorante naïveté, auront laissé sur le bord de la route. Ce film, malgré ses défauts qui en font finalement aussi les qualités, m’a émue, emmenée dans un voyage époustouflant, touchant, drôle, universel et porteur d’un espoir communicatif et rien que cela, déjà, vaut vraiment le voyage. Un voyage, dont, je vous le promets, vous ressortirez émus et joyeux, en croyant que même deux réalités ou deux mots a priori inconciliables, comme Slumdog et millionaire, peuvent s’assembler.

Sandra.M

Un extrait :

Interview du producteur :


mercredi 21 janvier 2009, par Inthemoodforcinema
imprimer article  Autres articles de Inthemoodforcinema | Mots-clés |
Un seul article pour l'instant

Sur le thème : Teen movie

Frankie Muniz le 18 avril 2007:
Personnage vedette dans Malcolm, comédien au théâtre comme à la TV ou sur le grand écran, pilote de course en herbe, Frankie Muniz est aujourd’hui le troisième enfant star le plus riche du monde, (...)

Le Teen Movie ou les recettes d’un genre le 8 mars 2007:
Qui n’a pas un jour cédé à la tentation de ce genre ? Genre qui prend son essor genre avec Scream, ou Clueless dans les années 90, légers, mais qui devient de plus en plus acide, graveleux quant à la (...)

Réactions
  • "Slumdog millionaire" de Dany Boyle

    anonyme
    par walkmindz - 26 février 2009 18-07

    Il est monnaie courante de tirer des enseignements des cérémonies. A tord ou à raison.

    Cette année, pour les Oscars, la sphère culturelle américaine se devait de faire corps avec le morphing électoral soutenu par ses plus illustres émissaires millionnaires et solidaires.

    Dans toute opération de communication ou de propagande moderne, peu importe l’objet sociologique, seul compte l’outil promotionnel : la plateforme hollywoodienne organisant la fête annuelle du personnel. Quelle occasion idéale pour formater l’industrie du divertissement avec le nouveau consensus du métissage unilatéral.

    Et comme il faut toujours un coupable, autant en trouver un qui représente l’autre marché d’avenir avec la Chine.

    Gandhi peine à rester dans vos livres d’Histoire, mais le bling bling spirituel de Bollywood trouvera sa place entre le renouvellement de votre garde de robe, quelques cours de danse et votre agence de voyage la plus proche.

    Le gagnant de cette année est Slumdog millionnaire, la fashion pauvreté ou le multiculturalisme touristique.

    http://souklaye.wordpress.com/2009/02/23/notice-avant-utilisation-–-post-oscar/

    Réagir à cet article | Réagir à ce message

Réagir à cet article

bouton radio modere priori

forum info modere

form pet message commentaire
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

    texte
Qui êtes-vous ?
Se connecter

youvox
Add to Netvibes Subscribe in NewsGator Online
   

http://cinema.youvox.fr est motorisé par spip 3.2.1 [23954]. creations sites internet Rizom