Tim Burton a adapté la comédie musicale mise en scène dans les années 70 par Stephen Sondheim (le parolier de West Side Story) qui a tenu à superviser le choix des acteurs et signe la magnifique B.O. du film.
Sweeney Todd est l’histoire de Benjamin Barker, barbier de son état, qui victime d’une injustice, revient se venger de l’ignoble juge Turpin. Aidé de l’énigmatique Mrs Lowett, il transforme ses clients en chair à pâté afin d’en farcir les tourtes de sa complice. Un régal (sans mauvais jeu de mots) !
Dès les premières images, la patte burtonesque s’impose et nous entraîne à la découverte d’un Londres du 19e siècle sombre et poétique dont la noirceur de certaines âmes n’égale que l’ivresse de vengeance d’autres.
Le casting est juste formidable. Tim Burton retrouve pour l’occasion ses complices de toujours, Johnny Depp et son épouse Helena Bonham Carter. Quant aux seconds rôles, c’est également un bonheur : Alan Rickman (le professeur Rogue de Harry Potter) est le méchant de l’histoire, le juge Turpin ; Timothy Spall (Peter Pettigrew dans Harry Potter toujours mais surtout l’acteur fétiche de Mike Leigh) joue le Bailli, son fidèle adjoint dans le crime ; sans oublier Sacha Baron Cohen (Borat) qui prête ses traits au suffisant barbier Adolfo Pirelli, rival de Sweeney, qui passera le premier à la moulinette.
Le réalisateur explique dans ses interviews que l’avantage d’avoir eu recours à des chanteurs non professionnels est qu’ils s’appuient naturellement davantage sur l’interprétation que sur leur voix. Le résultat est au rendez-vous. Johnny Depp parvient à transmettre par le seul regard la folie grandissante de Sweeney etandis qu’Helena Bonham Carter incarne à merveille l’énigmatique veuve Lowett au bon sens à toutes épreuves. Mais les deux acteurs révèlent également un réel talent pour le chant, en dépit d’un texte au phrasé souvent périlleux qui fait justement toute la saveur (décidément !) de cette comédie musicale drôle et grinçante.








