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THE SOCIAL NETWORK - David Fincher

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mardi 16 novembre 2010, par Augustin Bertucat
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© 2010 Sony Pictures Releasing France

Histoire d’une réussite ?

L’histoire, vous vous en doutez, est celle de Mark Zuckerberg, inventeur et concepteur du réseau social le plus diffusé au monde, Facebook. Etudiant à Harvard, il aspire à la reconnaissance offerte par les clubs huppés du campus, tels les clubs Phoenix et Porcelian, ceus qui peuvent lui offrir une renommée, un avenir politique. Seulement voilà : Mark est un jeune homme imbu de sa personne, incapable de se remettre en question, persuadé de sa réussite au sein d’un de ces clubs.

Lorsque sa copine le plaque en octobre 2003, il décide de pirater le système informatique de Harvard, et de créer un blog avec son meilleur ami Edwardo Saverin (futur directeur financier) afin de permettre aux étudiants de choisir la plus attrayante des jeunes femmes du campus, dans le but d’établir un classement mais surtout de rabaisser le maximum de gens. Succès instantané. « Facemash » se diffuse vitesse grand V sur tous les ordinateurs, faisant planter le réseau de Harvard instantanément.

Les ennuis commencent : Zuckerberg est accusé de vol, de non respect de la vie privée (le site est jugé misogyne), de hacking. Passé le conseil de discipline, dont Mark n’a que faire, thefacebook.com est crée, site de partage d’information à grande échelle, réseau social international. Au début présent sur les campus de Harvard, puis dans la Silicon Valley … et finalement dans le monde entier. Concept novateur, à grande échelle, visionnaire ! Mark en revendique la paternité tout comme les « gentlemen » de Harvard.

The Facebook est un succès planétaire. Tout sourit à Mark et Eduardo. Jusqu’à l’arrivée du très controversé co-fondateur de Napster, Sean Parker, dans la vie de Mark. Celui ci va changer la relation entre les deux amis : Eduardo est écarté par Mark au profit de Sean. Cela n’arrête cependant pas la montée en puissance de The Facebook devenue l’actuel Facebook. Mark est un génie, … ou un traître. Dans tous les cas, un milliardaire.

© 2010 Sony Pictures Releasing France

Teasers and hope ?

The Social Network, c’est avant tout une bande annonce. Non, deux bandes annonces. Et rarement j’ai pu prendre mon pied de cette manière devant des annonces « publicitaires ».

La première nous entraîne sur le site facebook, fond bleu oblige, musique et chœurs d’enfants (reprise de « Creep », le légendaire titre de Radiohead) qui montent en puissance comme pour nous signifier l’escalade sociale de Mark, sa réussite progressive, la dynamique de puissance engendrée par la création du site.

La seconde nous plonge dans un climat sombre, de mystère et de crainte. Sur fond évolutif noir, des adjectifs qualifiant la personnalité du personnage. En fond sonore viennent se caler certaines répliques importantes du film, comme pour justifier les adjectifs apparaissant à l’écran. On retrouve l’idée d’escalade, dans l’ordre des mots, mais celle-ci est plus péjorative puisque le dernier mot inscrit mis à part le titre, est « ennemis ».

Dans les deux spots, on retrouve tous les ingrédients à succès : intrigue mirobolante, sexe, rock’n roll, boite de nuit, trahison… Comment, en regardant ces vidéos, ne peut-on pas avoir envie de se jeter sur le premier cinéma du quartier ? Vers quelle intrigue le réalisateur, David Fincher, souhaite-t-il nous emmener ? Est-ce un polar, un thriller, un drame ? On s’attend à tout, mais on n’a rien. Si il est clair que ce film n’est pas, et de loin, le meilleur film de Fincher, on retrouve en cherchant bien quelques point positifs, notamment dans l’analyse qui est faite de l’entreprise en (re)construction.

Je ne sais pas vous, mais moi, quand je vais voir The Social Network, je vais voir avant tout du Fincher. Du moins j’espère voir du Fincher. Ce si grand réalisateurs a retourné les cerveaux du public à maintes reprises, nous servant une intrigue policière des plus poussée dans The Game, nous étouffant dans l’étau du serial killer de Seven, nous mettant en haleine face aux combats physiques et psychologiques de Fight Club, jouant avec nos nerfs dans Panic Room

Certes il m’avait un peu déçu avec L’Etrange histoire de Benjamin Button  : maître dans l’art du retournement de situation, nous servant dans les dernières seconde un final inédit et inattendu, j’avais eu l’impression que Fincher avait voulu retourner une vie plutôt qu’ une situation. Résultat, pas de rebondissements, ni de réelle intrigue. Mais bon, j’avais accepté le changement de genre après tout un si bon réalisateur ne peut pas se cantonner à un seul type de film.

© 2010 Sony Pictures Releasing France

Dialogues ?

Donc me voici au cinéma : je m’installe. Cinéma du matin : cinéma vide. Un bonheur. La journée commence bien, le film aussi : un bar, des filles, de la musique. On est tout de suite dans l’ambiance « fac américaine ». Coté caméra, l’ambiance est sombre, tinté d’orange-jaune typique qui peut d’ailleurs à certains moments nous faire penser, c’était flagrant dans Benjamain Button, au cinéma français de Jean Pierre Jeunet. Un coté un peu vieille carte postale couleur sépia… YOUPI ! Je suis chez Fincher. Les coups de tambours de la bande annonce sont là ! Il va se passer quelque chose… Du moins je pense…

Ah ! … peut être pas. L’histoire traine en longueur. Au détour des plans, aucune surprise. David Fincher n’a certes pas réalisé un film dont le but est de choquer. Mais du choc on passe au vide. Les acteurs parlent, expliquent, décrivent. Le casting est bon : Jesse Eisenberg rend le personnage NERD aussi attachant que détestable, et on aime se moquer d’un Justin Timberlake jouant les mauvais geek et génie du management virtuel (c’est d’ailleurs ce dernier qui jouant Sean Parker, propose, ou plutôt impose, le nom de FACEBOOK).

Certaines scènes m’ont sorti de ma torpeur à plusieurs reprises : notamment une séquence de compétition d’aviron entre clubs. On y voit deux superbes 8 se disputant sur 2000 mètres le fruit d’un travail physique et psychologique. Cette scène est couverte par la musique sublime de Trent Reznor (il avait travaillé avec David Lynch pour Lost Highway, composé la musique du célèbre jeux vidéo Quake, et avait participé à la bande son de Seven) et Atticus Ross (remarqué en 2010 pour la composition du film Le Livre d’Eli). Encore un combat entre volonté psychologique et force physique, qui traduit très clairement ici la défaite des « gentlemen de Harvard » face à la machine mise en place par Zuckerberg.

Pourtant, malgré cela, le film est terne. Du dialogue. Encore du dialogue. Certes parfois très bien ciselé (Mark face aux avocats, grandiose de subtilité), puisqu’on doit les répliques au créateur, scénariste et producteur exécutif de la série à succès A La Maison Blanche, Aaron Sorkin. Mais ce surplus de dialogue, entraîne le spectateur que je suis dans une dynamique documentariste à laquelle on ne s’attendait pas. Si j’avais voulu voir ce type de film, j’aurais attendu que Michael Moore se charge d’exposer sa version anti conformiste de la société Facebook.

David Fincher signe donc ici un film terne, mi thriller – mi documentaire. Mais alors, ne peut on définitivement rien tirer de ce film ? Fincher a décu. Mais Fincher quand même !
Car on assiste dans ce film, à un questionnement très pertinent et surtout très problématique de la création d’une entreprise au XXIème siècle.

© 2010 Sony Pictures Releasing France

Une réussite en question ?

A l’époque de la mondialisation, de l’internationalisation des échanges (sujet fondamental du site Facebook), on n’a de cesse de remarquer les écarts qui se forment entre les pays, entre les peuples, entre les riches et les pauvres. On peut donc se demander à juste titre si la vraei problématique de Fincher ne se situe pas dans une optique presque documentaliste vis-à-vis de la formation de l’empire Facebook. Dans une interview accordée au magazine Challenges le 19 Octobre 2006, le scénariste expliquait que le film était d’avantage un thriller judiciaire. Cependant il me semble que s’il faut en retenir quelque chose, c’est le coté commercial.

Au départ, c’est une vengeance, ou plus ou moins une blague. Une très mauvaise blague qui coutera d’ailleurs le conseil de discipline à Mark. Cependant, il y a très vite des enjeux financiers qui apparaissent. Eduardo Saverin est à juste titre nommé co-fondateur et directeur financier : il injecte un premier apport de 1000 $ pour le matériel, puis 20000$. Il finit par être évincé, sans état d’âme par Mark, lui-même poussé par Parker. Alors que Zuckerberg se fichait de l’argent (il a préféré mettre en ligne gratuitement un logiciel de musique plutôt que de le vendre à Microsoft qui était intéressé), les sommes en jeux deviennent tellement importantes que cela lui monte à la tête. Les réalités financières semblent donc supérieures à l’amitié (bien que le nom de Saverin ait été depuis peu de nouveau indiqué sur le site).

Fincher soulève aussi le problème suivant : Facebook génère de l’argent, alors qu’il n’y a au départ absolument rien. Pas de démarche pécuniaire, juste un site d’échange d’informations. D’où viennent tous ces dollars ? Dans son édition du 4 mars 2010, Le Monde signifiait qu’avec plus de 400 millions d’adhérents, l’entreprise Facebook réaliserait plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaire (soit, 790 millions d’euros). S’appuyant sur les déclarations d’ Inside Facebook (plateforme indépendante permettant la fourniture d’offres d’emplois au sein de la société) reprenant les différents chiffres de la société et des sondages, Le Monde explique que les revenus sont principalement tirés des revenus publicitaires.

Il semble en effet évident que la croissance du nombre d’inscrits (de 150 millions un an après le lancement du site, 400 aujourd’hui) attire les annonceurs. La direction aurait ainsi fait en sorte de mettre en avant la publicité sur le site. Les récentes mises à jour de la plate forme l’ont bien montré. On peut noter que les ressources provenant des biens virtuels (tout ce que l’on achète par carte bancaire mais qui ne reste utilisable que dans le monde virtuel, comme l’achat d’armes dans World of Warcraft par exemple) grimpent de manière intéressante, mais représentent seulement moins d’un dixième du chiffre d’affaire (à peine 75 millions de dollars). Bref, pas grand-chose. C’est donc en toute logique de la publicité que monsieur Zuckerberg tire ses revenus.

Réfléchissons : le mot milliardaire que l’on observait dans une des bandes annonces, était relié aux termes « Génie » et « Visionnaire »… Que le créateur de Facebook soit un visionnaire, je le crois volontiers : dans le processus de mondialisation actuel, il a su relier des dizaines de millions de gens sans frontière, à travers le monde entier. Son réseau s’inscrit donc dans le grand « projet » du XXIème siècle. Mais peut on réellement qualifier de génie un homme qui, en voulant simplement blaguer, a finalement utilisé la publicité pour s’enrichir à milliards ?
C’est le mérite du film et de son réalisateur que de poser la question.

Et plus si affinités

http://www.thesocialnetwork-movie.com/

http://www.thesocialnetwork-lefilm.com/

mardi 16 novembre 2010, par Augustin Bertucat
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