Tout démarre par une trentaine de minutes incroyables. Pas de dialogue... Le silence, la mine, un homme, seul...
Et étrangement, la puissance des images est si forte, que ce silence ne pèse pas. Cet homme c’est Daniel Plainview... Un mineur, qui va devenir un entrepreneur sans scrupules, prêt à tout pour s’accaparer les sols des entrailles desquels il fait jaillir l’or noir...le pétrole. On est au début du XXe, dans une Amérique rurale, frustre, où le pouvoir appartient au plus fort, au plus rusé, au plus implacable.
Daniel Plainview a un argument qui plaide en sa faveur lorsqu’il va chez les paysans pour leur racheter, une bouchée de pain, les terres qu’il convoite : un petit garçon à la tête d’angelot, qu’il fait passer pour son fils et qu’il élève comme son fils. L’aime t-il comme un père aime son fils ? Difficile de cerner cela, tant le personnage est ambigu, tant sa voracité, sa soif de pouvoir, lui ferme les yeux et le cœur.
Sur le chemin de Daniel Plainview se dresse un jeune pasteur évangéliste, très ambivalent, manipulateur ou véritable prêcheur adulé par ses ouailles ?
There will be blood, mis en scène par Paul Thomas Anderson, est un film incontournable, une épopée dans une Amérique profonde en pleine mutation... Et puis surtout il y a Daniel Day-Lewis, et son interprétation magistrale...Il est un Daniel Plainview éblouissant...Même si le personnage n’est pas vraiment sympathique, il lui donne une puissance, un visage, une voix, une démarche, une personnalité. Un personnage qu’il est difficile d’oublier.








